Sur une idée de
bananeux-3♪ A écouter durant la lecture
Un rêve.
Cela ne pouvait être qu'un rêve. Une douce offrande de mon imagination, rien de plus. Sinon, comment expliquer le fait que moi, Drago Malefoy, je m'apprêtai à entrer au service du plus puissant mage noir que la Terre n'ai jamais porté ?
Appuyant mes poings contre mes yeux fermés, j'essayais de chasser cette idée hautement improbable de mon esprit afin de reprendre contacte avec la réalité... Cela faisait plusieurs jours désormais que j'avais reçu ma convocation mais, malgré sa présence rassurante dans ma poche, un doute subsistait en moi et je ne pouvais m'empêcher de croire à un funeste tour de Bellatrix qui ne perdait nulle occasion pour se moquer de moi. De plus, en supposant que cette histoire soit vraie, qu'allais-je faire pour Hermione ? Ma douce Hermione ... Lumière de mon existence et purificatrice de mon âme ! En entrant à Son service, je devrais renoncer à tout contacts avec elle et cela, je ne pouvais le supporter. Pourquoi donc avait-il fallut qu'elle naisse Moldue ? Une sorcière de son talent ! Merlin que la vie était paradoxale !
Je n'osais imaginer les conséquences de mon choix sur sa fraîche candeur. Se relèverait-elle seulement de ce coup bas ? Elle aurait certainement besoin de l'aide de ses amis. Un brusque élan de reconnaissance me saisit; eux que j'avais toujours méprisés me semblaient tout à coup les meilleurs alliés pour ma défection. Les noms que j'avais autrefois craché comme une insulte me paraissaient une ode à Hermione. Potter, Jordan, Patil... Weasley ? La faiblesse qui m'avait saisie laissa place à une indéfectible fureur. Jamais, ô grand jamais, je ne laisserai le champ libre à ce fichu rouquin !
Je me précipitais à la bibliothèque, lieu de villégiature de ma lionne.
« Hermione ! L'appelais-je dès que j'eus franchis les portes de ce saint lieu. »
Seul le regard courroucé de Mme Pince me répondit. Pris de panique, j'imaginais déjà le sourire triomphant de Potter et le gros rire de cet abruti de Weasley face à ma défaite.
Des doigts fins se refermèrent sur mon épaule.
« Et bien, Drago, pourquoi cet air anxieux ?
-Hermione, Hermione !
-C'est bien moi, s'amusa-t-elle. »
La saisissant par le bras, je l'entraînais dans un couloir peu fréquenté. Son sourire joyeux laissa place à une sincère inquiétude à la vue de mon empressement. La relâchant, je m'effondrais contre un mur et, suffoquant, desserrais ma cravate.
« Qu'est-ce que ces crétins de jumeaux-t-ont encore fait ? Je vais les ...
-Ne t'occupe pas d'eux, la coupais-je. J'ai à te parler. »
Interloquée, elle me fixa un instant d'un ½il soupçonneux avant de venir s'asseoir à mes côtés.
Comment allais-je lui dire ? Je redoutais par-dessus tout de la perdre et j'aurais donner beaucoup pour la voir me suivre. Ma douce Hermione, près de moi pour l'éternité ... Mais accepterait-elle de se livrer aux forces du Mal pour moi ? Et surtout, renoncerait-elle à sa jeunesse pour ne vivre qu'avec un seul homme ? Il était de notoriété public qu'Hermione Granger, élève brillante et préfète en chef, avait, sous ses abords sérieux, un comportement plus que libertin dès qu'il s'agissait d'amour. Combien de fois l'avais-je vu charmer tout ce qui pouvait l'être ? Fille ou garçon, homme ou femme. Ni l'âge, ni le sexe, ni l'apparence physique ne la faisaient reculer. Surtout lorsqu'elle avait de l'alcool dans le sang.
« Dray ? Tu te sens bien ?
-J'ai une question importante à te poser, Hermione...
-Ah non, tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ! Tout le monde me l'a déjà demandé figure toi ! Alors, une bonne fois pour toute, c'est non, non et non ! Il s'agissait d'un bête flirt, d'accord ? Rugit-elle. »
J'eus un mouvement de recul devant un tel accès de colère. De quoi parlait-elle ? Je ne savais même pas qu'il y avait encore eu un scandale à son sujet ... Bien entendu, j'aurais été au courant si j'avais dénié sortir de mon dortoir aujourd'hui. Les ragots concernant la belle lionne de 5ème année intéressaient tous le monde et faisaient rapidement le tour de l'école; principalement quand ils incluaient l'un des joueurs de Quidditch.
« Je ne vois absolument pas de quoi tu parles.
-Tu te fiches de moi ? Même Slughorn y est allé de son petit commentaire !
-Mione, je te jure que je ne suis au courant de rien, assurais-je. De quoi parle-tu ?
-Mais d'Harry, nom d'un sinistros ! Hurla-t-elle. »
Potter ? Qu'est-ce que ce binoclard avait bien pu faire ? Il était la sagesse incarné ! Devant mon air surpris, elle parut hésiter. Ouvrant et refermant la bouche sans pouvoir dire quoi que se soit, elle blêmis peu à peu.
« Tu veux dire ... Non, c'est impossible. Tu es forcément au courant !
-Je te jure que non.
-Oh Dray ! »
Elle éclata en sanglot et se jeta dans mes bras. Bien que perplexe, je m'empressais de la serrer contre moi, humant son parfum floral. La chaleur de son corps chassa tout doute de mon esprit. Qu'était le Seigneur Noir face au bonheur que me procurait Hermione ? Je n'irais pas le rejoindre bien que cela signe mon arrêt de mort. Peu importe la souffrance, du moment que je puis vivre mes derniers instants en sa douce compagnie !
« Je n'en peux plus, souffla-t-elle une fois ses larmes taries. Je ne veux plus de cette réputation, de ces regards méprisants et des murmures sur mon passage. J'aimerai tant redevenir quelqu'un de discret et respectable ! »
Son discours m'insuffla le courage qui m'avait toujours fait défaut.
« Viens avec moi, alors ! Partons loin d'ici, loin de Poudlard et de ses médisances. Nous serons heureux, tu verras.
-De quoi parles-tu ? Fit-elle en me repoussant.
-Mais de nous, Hermione ! De la joie de vivre ensemble, de faire des projets d'avenir ! Avec ton intelligence, nul besoin de diplômes, on se courbera devant toi et nous ne manquerons de rien. Nous aurons une belle demeure, à la campagne. Notre existence sera calme et sereine ! Oh, Hermione, si tu savais comme cette idée me transporte de bonheur ! »
Exalté par mon discours, je ne prêtais plus attention à la jeune lionne qui me faisait face. Grand mal m'en fit ...
« Et que feras-tu, toi ? Demanda-t-elle avec une légère froideur.
-Je t'aimerais, ma douce ! Comme je t'aime aujourd'hui. Plus peut-être encore ! Je te comblerais d'attention, ferais tout ce qui sera en mon pouvoir pour te satisfaire... Ton sourire seul me pousserait à me damner ! Je m'engagerais. Oui ! Auprès du Lord Noir. Et lorsqu'il aura assez confiance en moi, je ... »
Je ne pus jamais dire ce que je comptais faire. Une douleur aiguë me traversa la mâchoire lorsque le poing d'Hermione s'y écrasa. Tout en me massant la joue, j'observais avec stupéfaction son visage furieux.
« Pour qui donc te prends-tu, Drago Malefoy? Je t'avais tout pardonné ! Tes relations, ta passion de la magie noire, les mots durs que tu as employé à mon égard ... Tout, tu entends ? Mais ça ... ça ! T'engager ? Servir celui par qui ma famille à voler en éclats ? Comment OSES-tu dire cela ?! Je te hais, Drago Malefoy, comme je n'ai jamais hais ! Je te croyais mon ami et voilà que tu me poignardes dans le dos ... Comment peux-tu seulement croire que je t'aimerai un jour ? Que je vivrais avec toi, même. Réveille toi donc, Malefoy. Le monde ne tourne pas en ta faveur ! Pendant que tu mettais au point tes sombres projets, Ron Weasley a eu tout le loisir t'attirer mon attention. Je ne serais jamais tienne, Drago Malefoy! »
La brutalité de ses mots me fit plus de mal encore que la violence de sa gifle. Alors qu'elle s'éloignait d'un pas furieux, j'entrevis le seul échappatoire à ma douleur ...
Lorsque je regarde mon avant-bras, ce n'est pas Sa marque que je vois. Non. Ce serpent, ce n'est qu'elle. A chaque mouvement, ce sont les courbes de son corps qui s'offre à moi. Peut-être Weasley l'a-t-il finalement obtenue mais, à jamais, elle m'appartient.
Prend garde Ronald Weasley, je n'ai plus autant de scrupules qu'auparavant.
Little-Potter